Un départ moteur triphasé regroupe plusieurs fonctions qui ne se règlent pas avec un seul nombre. Le courant nominal In de la plaque moteur sert à préparer la protection surcharge. Le courant de démarrage sert à vérifier la tolérance du départ et du réseau. Le courant de court-circuit Icc présumé sert à choisir une protection court-circuit et un pouvoir de coupure cohérent. Le contexte courant en France est un réseau basse tension 400 V, 50 Hz, avec des moteurs marqués 230/400 V ou 400/690 V selon le couplage admis.
La méthode ci-dessous reste une pré-étude. Elle aide à organiser les informations avant de choisir un disjoncteur moteur, un relais thermique, un contacteur, un fusible gG, un fusible aM, une section en mm² et les accessoires. Le dossier réel dépend de la notice fabricant, de l’installation, de la machine entraînée, des mesures et de la personne qualifiée.
Relever la plaque
Commencez par photographier la plaque moteur et le bornier. Relevez le courant de plaque, la puissance utile, la tension, le couplage 230/400 V ou 400/690 V, la fréquence 50 Hz, le cos φ, le rendement, le service S1/S3 et l’indice de protection si disponible. Le courant nominal In de plaque est prioritaire pour le réglage surcharge. Un calcul par kW sert seulement lorsque la plaque manque ou pour contrôler un ordre de grandeur.
Le service S1/S3 change l’interprétation. Un moteur en service continu ne se traite pas comme un moteur qui démarre souvent ou travaille par cycles. Un compresseur, une pompe, un ventilateur ou un convoyeur peuvent avoir des temps de démarrage et des couples résistants très différents. La classe thermique et la ventilation influencent l’échauffement prolongé.
Séparer surcharge et court-circuit
La protection surcharge suit le moteur. Elle limite un échauffement prolongé lorsque le courant dépasse durablement le courant nominal. Elle peut être assurée par un relais thermique, un disjoncteur moteur réglé, une protection électronique ou une fonction du variateur de vitesse. La protection court-circuit coupe un défaut franc; elle dépend de l’Icc présumé et du pouvoir de coupure au point d’installation.
Cette séparation évite une erreur fréquente: croire qu’un seul calibre décrit tout le départ. Un fusible aM peut convenir à une fonction court-circuit moteur seulement si une protection surcharge séparée existe. Un fusible gG a une autre logique. Un disjoncteur moteur combine souvent plusieurs fonctions, mais sa plage, sa courbe, son pouvoir de coupure et son association avec le contacteur restent des données fabricant.
Préparer le relais thermique
Le relais thermique se règle autour du courant de plaque. La formule de pré-étude est simple: I_reglage = In_plaque × coefficient. Les coefficients ne doivent pas être inventés. Ils viennent du service, de l’ambiance, du coffret, de la température, du montage ou de la notice fabricant. Utilisez le calculateur de réglage relais thermique pour vérifier la plage réglable et la classe de déclenchement.
La plage réglable compte autant que la valeur. Un relais 10-16 A peut recevoir un pré-réglage autour de 14,3 A; il ne convient pas si le moteur demande 18 A. La classe de déclenchement décrit le temps de tolérance avant ouverture selon le comportement du moteur. Une classe 10A ou 10 convient souvent à des démarrages courts. Une classe 20 ou 30 demande une attention particulière au temps de démarrage, à l’échauffement et à la machine entraînée.
Le réarmement manuel/automatique est aussi un choix de sécurité. Un redémarrage automatique après surcharge peut être inacceptable sur certaines machines. Le contact auxiliaire du relais doit être intégré à la commande du contacteur selon le schéma prévu.
Choisir contacteur et protection
Le contacteur doit accepter le courant moteur, la catégorie d’emploi, la tension de bobine, le nombre de manœuvres et l’environnement. Il ne se choisit pas uniquement à partir du courant permanent. La coordination entre disjoncteur moteur, fusible gG ou fusible aM, relais thermique et contacteur se lit dans les tableaux du fabricant. Les termes coordination type 1/type 2 décrivent le comportement accepté après court-circuit; ils ne se devinent pas sur le terrain.
Le disjoncteur ou la protection amont doit être cohérent avec l’Icc présumé. Utilisez le calculateur de courant de court-circuit estimé pour préparer une valeur, puis comparez avec le pouvoir de coupure de l’appareil. Une armoire proche d’un transformateur peut avoir un Icc élevé. Une ligne longue peut réduire le défaut disponible mais augmenter la chute de tension.
Démarrage et chute de tension
Le courant de démarrage influence les déclenchements et la tension du réseau. En démarrage direct, un moteur asynchrone peut appeler plusieurs fois son courant nominal. L’étoile-triangle réduit le courant côté réseau mais réduit aussi le couple et suppose un moteur compatible. Un démarreur progressif limite la rampe. Un variateur de vitesse change la logique, car il impose ses propres prescriptions de protection, de câble moteur, de CEM et de longueur.
Le câble se vérifie en section en mm² avec le mode de pose, la température, le regroupement, la longueur, la chute de tension et le conducteur de protection. Une section correcte thermiquement peut encore produire une chute excessive au démarrage. À l’inverse, une section choisie pour la chute de tension ne valide pas automatiquement l’intensité admissible ou le raccordement sur les bornes.
Exemple de chaîne
Pour un moteur 7,5 kW en 400 V, 50 Hz, la plaque peut indiquer environ 14 à 16 A selon rendement et cos φ. Si In vaut 14,3 A, un relais thermique 10-16 A en classe 10A peut être un point de départ de pré-réglage. Le contacteur doit être choisi dans la catégorie adaptée au moteur. La protection court-circuit doit couvrir l’Icc présumé. Si un fusible aM est utilisé, la surcharge doit être couverte par le relais thermique ou un dispositif équivalent.
Sur une pompe éloignée, ajoutez la longueur du câble, la chute de tension, le mode de démarrage et le service. Sur un convoyeur avec démarrages fréquents, vérifiez le temps de démarrage et l’échauffement. Sur un variateur, suivez la notice du variateur pour la protection, le câble, le filtrage, le sectionnement et les arrêts.
Points de contrôle
- courant nominal In de plaque moteur;
- tension, couplage 230/400 V ou 400/690 V et fréquence 50 Hz;
- service S1/S3, temps de démarrage et machine entraînée;
- protection surcharge: relais thermique, disjoncteur moteur ou fonction variateur;
- protection court-circuit: fusible gG, fusible aM ou disjoncteur selon association;
- contacteur, catégorie d’emploi, bobine et auxiliaires;
- Icc présumé et pouvoir de coupure;
- coordination type 1/type 2 selon tableaux fabricant;
- section en mm², mode de pose, chute de tension et conducteur PE;
- sectionnement, arrêt d’urgence et logique de réarmement.
Limites
Ce guide ne remplace pas la notice fabricant, l’étude machine, les mesures, les règles d’exploitation ou la vérification d’une personne qualifiée. NF C 15-100 donne le cadre d’installation basse tension, mais le départ moteur dépend aussi des normes produits, de la machine, de l’environnement et de la documentation constructeur. Les guides Schneider Electric, Legrand, ABB ou du fabricant installé restent prioritaires pour la coordination.