Guide

Diagnostiquer un déclenchement Linky ou AGCP

Méthode pour distinguer PUISS DEPASSEE, dépassement de puissance, AGCP, défaut différentiel, court-circuit, surcharge et phase triphasée chargée.

Ouvrir le calculateur

Un déclenchement Linky ou AGCP ne se traite pas comme un simple bouton à remettre. Le message PUISS DEPASSEE, un appareil général qui tombe, un DDR 30 mA qui déclenche ou un disjoncteur divisionnaire ouvert ne racontent pas le même défaut. Le bon diagnostic commence par identifier l’organe concerné, le moment du déclenchement et les charges en service.

Ce guide sert à trier les causes probables avant d’appeler le fournisseur, Enedis ou un professionnel. Il ne donne pas de consigne d’intervention sur le comptage, les parties plombées, l’AGCP ou le branchement. En France, les repères de calcul restent monophasé 230 V, triphasé 400 V et 50 Hz; la NF C 14-100 situe le contexte du branchement et la NF C 15-100 celui de l’installation intérieure, sans transformer ce guide en validation du site réel.

Identifier ce qui a déclenché

Commencez sans démonter. Regardez si le compteur Linky affiche PUISS DEPASSEE, si l’AGCP ou disjoncteur de branchement est en position ouverte, si un interrupteur différentiel 30 mA est tombé, ou si seul un disjoncteur divisionnaire protège un circuit précis. Notez l’heure, les appareils en marche, le type d’alimentation et la puissance souscrite visible sur le contrat ou sur Linky.

Le PRM ou PDL identifie le point de livraison pour les échanges avec le fournisseur et Enedis. Il ne prouve pas la cause du déclenchement, mais il permet de parler du bon site. Pour replacer ces mots, ouvrez le guide AGCP, PRM, PDL et Enedis et le lexique AGCP.

Équilibrage L1 L2 L3 Schéma comparant les charges sur L1, L2 et L3 avec une phase limitante et le courant de neutre. Phase charge relative L1 L2 L3 phase limitante neutre à relire si déséquilibre
Équilibrage L1 L2 L3. En triphasé, la phase la plus chargée peut limiter l'installation avant la puissance totale affichée.

Cas 1: dépassement de puissance

Quand Linky indique PUISS DEPASSEE, la piste principale est le dépassement de puissance appelée par rapport à la puissance souscrite. Cela arrive souvent avec chauffage, cuisson, chauffe-eau, pompe à chaleur, atelier ou IRVE en même temps. La première question n’est pas de changer un appareil, mais de vérifier la simultanéité des usages.

Listez les charges réellement en marche au moment du défaut. En monophasé, toute la puissance passe par la même phase. En triphasé, une phase peut dépasser son repère alors que le total apparent semble acceptable. Le calculateur abonnement kVA monophasé ou triphasé donne un scénario de puissance, et le guide choisir une puissance souscrite explique quand parler au fournisseur ou à Enedis.

Cas 2: phase trop chargée en triphasé

Un site triphasé 400 V peut déclencher sans que tous les usages paraissent excessifs. Si four, borne monophasée, chauffe-eau et prises atelier sont sur la même phase, la phase la plus chargée devient la limite. Les deux autres phases ne compensent pas automatiquement.

Relevez les gros départs et répartissez-les entre L1, L2 et L3. Le calculateur équilibrage des phases aide à visualiser la marge phase par phase. Une correction de répartition peut parfois être plus pertinente qu’une augmentation de puissance, mais elle reste un travail de tableau à faire confirmer.

Cas 3: défaut différentiel ou isolement

Si un DDR 30 mA tombe, la cause probable n’est pas seulement une puissance trop élevée. Un défaut d’isolement, une fuite vers la terre, de l’humidité, un appareil défectueux ou un mélange de neutres peut déclencher l’interrupteur différentiel. Dans ce cas, réarmer sans comprendre peut masquer un défaut intermittent.

La bonne démarche consiste à isoler les circuits concernés, observer si le déclenchement revient avec un appareil précis, puis faire mesurer si nécessaire. Le guide diagnostiquer un déclenchement différentiel détaille cette méthode. Le calculateur résistance d’isolement en MΩ sert uniquement à interpréter une mesure réalisée avec un appareil adapté.

Cas 4: surcharge ou court-circuit en aval

Si un disjoncteur divisionnaire déclenche sur un circuit précis, la piste est côté installation intérieure: surcharge, court-circuit, appareil défectueux, mauvais serrage, câble abîmé ou circuit inadapté. Un court-circuit appelle une vérification sérieuse, car le pouvoir de coupure, l’Icc disponible et l’état du matériel entrent en jeu.

Ne confondez pas ce cas avec un message Linky. Un circuit terminal qui tombe immédiatement à la remise sous tension demande de débrancher les charges, d’identifier le départ et de faire contrôler si le défaut persiste. Le calculateur courant de court-circuit estimé aide à comprendre un ordre de grandeur, pas à déclarer le circuit sûr.

Séquence de diagnostic pratique

  1. Notez le message affiché, la position de Linky, de l’AGCP, du disjoncteur de branchement, des DDR et des disjoncteurs divisionnaires.
  2. Relevez PRM/PDL, puissance souscrite, type monophasé 230 V ou triphasé 400 V, et moment exact du déclenchement.
  3. Listez les usages simultanés: chauffage, cuisson, eau chaude, IRVE, moteur, atelier, pompe, climatisation.
  4. Si PUISS DEPASSEE apparaît, réduisez les charges non essentielles puis comparez le scénario avec la puissance appelée.
  5. En triphasé, recherchez la phase la plus chargée avant de conclure à un manque de puissance totale.
  6. Si un DDR 30 mA déclenche, cherchez le circuit ou l’appareil lié au défaut d’isolement.
  7. Si un disjoncteur divisionnaire tombe, traitez la surcharge ou le court-circuit du circuit aval.
  8. Si le défaut revient, si un échauffement apparaît, si le tableau est ancien ou si l’AGCP pose question, arrêtez la remise en service répétée et faites intervenir une personne qualifiée.

Documents utiles avant appel

Préparez le numéro PRM ou PDL, le nom du fournisseur, la puissance souscrite, les photos du tableau fermé, l’historique des déclenchements, les appareils en marche, les éventuels messages Linky, et le schéma ou repérage des circuits. En triphasé, ajoutez la répartition connue des départs importants. Ces éléments évitent de mélanger contrat, raccordement et installation intérieure.

Le fournisseur répond au contrat et à la puissance souscrite. Enedis répond au raccordement, au compteur, au PRM/PDL et aux limites côté réseau. L’installateur ou l’électricien traite le tableau aval, les DDR, les circuits, l’isolement, la terre et les protections.

Erreurs fréquentes

  • confondre PUISS DEPASSEE avec un défaut différentiel;
  • réarmer plusieurs fois sans noter quel appareil a déclenché;
  • croire qu’une hausse de puissance corrige un défaut d’isolement;
  • oublier la phase la plus chargée en triphasé;
  • traiter un court-circuit comme une simple surcharge;
  • penser que Linky valide le tableau intérieur;
  • confondre puissance souscrite et puissance de raccordement;
  • demander une intervention réseau alors que le défaut est sur un circuit aval.

Le diagnostic professionnel consiste à réduire l’incertitude. Tant que la cause n’est pas claire, évitez les remises sous tension répétées, conservez les observations, et séparez bien les sujets: contrat fournisseur, périmètre Enedis et sécurité de l’installation intérieure.