Guide

Choisir une puissance souscrite en mono ou triphasé

Méthode pour préparer une puissance souscrite en kVA avec Linky, PRM/PDL, AGCP, mono 230 V, tri 400 V, IRVE et limites Enedis.

Ouvrir le calculateur

Choisir une puissance souscrite consiste à préparer un dossier cohérent entre les usages du site, le contrat du fournisseur, le compteur Linky, le PRM ou PDL, l’AGCP et les limites du raccordement Enedis. La question de recherche paraît simple: 6 kVA, 9 kVA, 12 kVA, 15 kVA, 18 kVA, 24 kVA ou 36 kVA. Sur le terrain, la bonne réponse dépend du type d’alimentation, des charges réellement simultanées, du cos φ, du délestage possible et de l’état de l’installation intérieure.

Ce guide aide à choisir une hypothèse de travail avant d’utiliser le calculateur d’abonnement kVA monophasé ou triphasé. Il ne remplace pas le fournisseur, Enedis, ni la vérification du tableau. La puissance souscrite est une donnée contractuelle; la puissance de raccordement et le disjoncteur de branchement appartiennent au contexte du point de livraison.

Informations à relever

Avant de comparer les paliers, rassemblez les données qui décrivent le site. Le numéro PRM, ou PDL dans les documents plus anciens, identifie le point de livraison. La puissance souscrite actuelle se lit sur le contrat et souvent sur Linky. Le type d’alimentation indique si les calculs se font en monophasé 230 V ou en triphasé 400 V, dans le contexte français 50 Hz.

Ajoutez ensuite une liste de charges: chauffage, eau chaude, cuisson, climatisation, pompe, atelier, moteur, IRVE, onduleur, tableau secondaire et équipements professionnels. Pour chaque charge importante, notez la puissance en kW ou kVA, le courant si la plaque le donne, le cos φ si la charge n’est pas purement résistive, la durée d’utilisation et la probabilité de fonctionnement simultané. Une addition brute des plaques surestime parfois le besoin; à l’inverse, oublier une pointe de démarrage ou une recharge longue peut sous-estimer la contrainte.

Équilibrage L1 L2 L3 Schéma comparant les charges sur L1, L2 et L3 avec une phase limitante et le courant de neutre. Phase charge relative L1 L2 L3 phase limitante neutre à relire si déséquilibre
Équilibrage L1 L2 L3. En triphasé, la phase la plus chargée peut limiter l'installation avant la puissance totale affichée.

Lire les paliers comme des repères

Les paliers 6 kVA, 9 kVA, 12 kVA, 15 kVA, 18 kVA, 24 kVA et 36 kVA sont des repères de comparaison, pas une prescription. En monophasé, la puissance se concentre sur une phase: 9 kVA donne un courant indicatif plus élevé qu’un usage domestique léger, mais la marge dépend des usages simultanés. En triphasé, le total se répartit sur trois phases seulement si les charges le permettent.

Le graphique des repères d’abonnement kVA aide à visualiser les ordres de grandeur. Utilisez-le pour dialoguer, puis ouvrez le calculateur quand vous devez saisir une tension, une marge ou une hypothèse de charge. Le palier supérieur ne résout pas toujours le problème: une seule phase trop chargée, une borne IRVE mal pilotée ou un départ intérieur inadapté peuvent rester limitants.

Monophasé ou triphasé

Le monophasé 230 V convient aux charges courantes entre phase et neutre. Il simplifie la répartition, mais toute la puissance appelée passe sur la même phase. Une borne 7,4 kW, une plaque de cuisson, un ballon d’eau chaude et du chauffage peuvent vite consommer la marge du soir.

Le triphasé 400 V devient pertinent quand des machines, moteurs, pompes ou bornes triphasées utilisent réellement les trois phases, ou quand plusieurs charges monophasées peuvent être réparties. Le point critique est l’équilibrage des phases. Un site à 18 kVA peut déclencher si L1 porte la majorité des charges, même si L2 et L3 restent peu utilisées. Le calculateur équilibrage des phases sert à repérer la phase la plus chargée avant de parler d’augmentation de puissance.

Pour choisir la bonne formule et éviter de confondre kW, kVA et courant par phase, relisez aussi le guide monophasé ou triphasé. Il fixe le cadre 230/400 V et la différence entre charge monophasée, charge triphasée équilibrée et tableau triphasé avec départs 230 V.

Méthode de décision

  1. Relevez PRM/PDL, puissance souscrite actuelle, fournisseur, type d’alimentation et symptômes: dépassement, déclenchement de l’AGCP, phase qui coupe, recharge limitée ou impossibilité de démarrer une machine.
  2. Classez les charges en permanentes, intermittentes, pilotables et rarement simultanées. Gardez une marge pour les usages longs, les appels moteurs et les périodes froides.
  3. Convertissez les charges en puissance apparente. Si la plaque donne des kW avec cos φ inférieur à 1, la demande en kVA peut être plus forte que le kW affiché.
  4. Comparez plusieurs scénarios dans le calculateur kVA mono/tri: usages actuels, ajout prévu, marge, mono ou tri.
  5. En triphasé, répartissez les départs et vérifiez la phase la plus chargée avec le calculateur dédié. Une correction d’équilibrage peut être plus pertinente qu’une hausse immédiate.
  6. Si une IRVE est prévue, estimez la puissance disponible avec le calculateur puissance disponible IRVE et délestage. Le délestage dynamique peut limiter la recharge quand les autres usages montent.
  7. Séparez enfin trois décisions: contrat fournisseur, capacité du raccordement Enedis, et adaptation de l’installation intérieure.

Exemples de lecture

Maison tout électrique: chauffage, cuisson et eau chaude peuvent appeler beaucoup en soirée. Le passage de 6 kVA à 9 kVA ou 12 kVA se prépare avec l’historique Linky et la simultanéité réelle. Si les déclenchements arrivent uniquement quand plusieurs usages se superposent, un pilotage ou un délestage peut être à étudier avant toute demande.

Maison avec IRVE: une borne monophasée 7,4 kW ajoute environ 32 A sur une phase. Sur un site triphasé, elle peut déséquilibrer une seule phase; une borne triphasée répartit mieux si le raccordement et le matériel le permettent. Le sujet combine puissance souscrite, protection, section, différentiel, délestage et qualification IRVE.

Petit atelier triphasé: un moteur 400 V, un compresseur et une machine peuvent avoir un courant nominal, un démarrage et un cos φ à regarder. Le total kVA ne suffit pas; il faut vérifier l’équilibrage, les protections, la chute de tension et la puissance de raccordement disponible.

Acteurs et frontières

Le fournisseur traite le contrat et la puissance souscrite. Enedis traite le raccordement, le PRM/PDL, la puissance de raccordement et les contraintes côté réseau. Le tableau intérieur relève des protections, sections, terre, équilibrage et règles applicables à l’installation. Le guide AGCP, PRM, PDL et Enedis détaille cette frontière, notamment autour de l’AGCP et du disjoncteur de branchement.

Une demande bien préparée contient donc: PRM ou PDL, puissance actuelle, palier envisagé, type mono/tri, relevés Linky, liste de charges, charges simultanées, IRVE éventuelle, schéma du tableau, répartition par phase et raison de la demande. Cette préparation évite de confondre manque de contrat, déséquilibre, défaut de tableau ou limite de raccordement.

Erreurs fréquentes

  • additionner toutes les plaques sans analyser la simultanéité;
  • comparer des kW avec des kVA sans vérifier le cos φ;
  • oublier qu’une installation triphasée peut être limitée par la phase la plus chargée;
  • demander le triphasé sans charge réellement triphasée ni plan d’équilibrage;
  • ajouter une IRVE sans regarder délestage, protection et puissance restante;
  • croire que Linky, le PRM ou le PDL décrivent la capacité des circuits intérieurs;
  • confondre puissance souscrite, puissance de raccordement et réglage du disjoncteur de branchement.

Le bon résultat est un scénario clair, pas une conclusion isolée. Une fois le besoin chiffré, faites confirmer le contrat par le fournisseur, la disponibilité côté réseau par Enedis ou l’interlocuteur raccordement, et les adaptations intérieures par une personne qualifiée.