Un interrupteur différentiel est un appareil de protection qui compare le courant qui entre et celui qui ressort d’un circuit ou d’un groupe de circuits. Si l’écart dépasse sa sensibilité, l’appareil ouvre le circuit. En pratique, il sert de repère pour détecter un courant de défaut vers la terre, une fuite ou une anomalie d’isolement. Dans un tableau français, on le lit souvent en amont de plusieurs départs, avec un rôle de protection complémentaire, pas de protection universelle.
Il ne faut pas le confondre avec un disjoncteur. Le disjoncteur protège contre les surcharges et les courts-circuits. L’interrupteur différentiel, lui, ne protège pas seul contre ces surintensités. Le disjoncteur différentiel rassemble les deux fonctions dans un même appareil. Pour la famille complète, voir aussi la page DDR, qui traite le terme générique sans redoubler ici tout le vocabulaire.
Lire le marquage
Le marquage utile n’est pas seulement la valeur en mA. Il faut lire ensemble la sensibilité différentielle IΔn, le courant assigné In, le nombre de pôles et le type. IΔn dit à quel niveau de déséquilibre l’appareil doit réagir. In dit combien d’ampères il peut traverser en service normal. Un appareil marqué 40 A et 30 mA ne raconte donc pas la même chose sur ces deux lignes.
Le nombre de pôles est aussi important. En monophasé, on rencontre souvent du 2P pour phase et neutre. En triphasé avec neutre, on lit fréquemment du 4P. Le neutre doit rester associé au même dispositif que la ou les phases correspondantes; un neutre mélangé entre deux différentiels reste une cause classique de déclenchement intempestif.
Types AC, A, F, B et S
Le type décrit les formes de courant de défaut que l’appareil sait reconnaître. Le type AC couvre les défauts alternatifs sinusoïdaux. Le type A ajoute les composantes continues pulsantes, fréquentes avec des équipements électroniques simples. Les types F et B sont plus spécialisés et se lisent avec prudence pour certaines charges à électronique de puissance, variateurs, onduleurs, IRVE ou photovoltaïque selon la notice. Le type S désigne une version sélective ou temporisée; ce n’est pas un type de forme de courant, mais un repère de coordination.
La table des types DDR donne le vocabulaire de base. Elle reste un repère de pré-étude, pas une décision automatique. Pour les appareils modernes, la notice fabricant et le schéma du projet gardent la priorité, surtout quand un dispositif intègre déjà une détection 6 mA DC ou une fonction équivalente.
30 mA, 300 mA et 500 mA
Les sensibilités usuelles se lisent d’abord comme des ordres de grandeur. Un 30 mA est souvent associé à la protection complémentaire des personnes. Un 300 mA ou un 500 mA se rencontrent plus volontiers en amont, pour la sélectivité, la protection globale ou certains contextes de branchement. Ces valeurs ne disent pas tout à elles seules: le schéma de terre, le type d’appareil, les charges en aval et l’organisation du tableau comptent autant.
La table des sensibilités DDR et l’abaque terre-DDR servent à lire les ordres de grandeur. Le calculateur de résistance de terre et DDR donne un repère de pré-étude entre RA, IΔn et UL. Cela ne vaut ni mesure instrumentée, ni certificat, ni validation de conformité.
France: lecture dans le tableau
Dans un pavillon en monophasé 230 V, un interrupteur différentiel 30 mA peut alimenter plusieurs disjoncteurs divisionnaires: éclairage, prises, lave-linge ou chauffe-eau. Si un appareil présente une fuite d’isolement, l’interrupteur différentiel peut ouvrir alors que le disjoncteur du départ n’a rien détecté. Les deux protections ne surveillent pas la même grandeur.
Dans un petit atelier ou un local technique, un même tableau peut regrouper des circuits avec électronique, moteurs, variateurs ou matériels extérieurs. Un appareil de type AC peut se montrer trop limité pour certaines charges, tandis qu’un type A ou F peut être plus pertinent, à vérifier avec la documentation du fabricant. Ici encore, le bon réflexe n’est pas de monter la sensibilité au hasard, mais de relire le profil réel des charges.
Limites face aux déclenchements
Un déclenchement répété ne prouve pas qu’un interrupteur différentiel est “trop sensible”. Il peut révéler une humidité, un appareil défectueux, un cumul de courants de fuite, un mauvais appairage phase-neutre, un neutre partagé entre rangées ou un type inadapté au matériel raccordé. La frontière utile est simple: cette page donne un repère conceptuel; l’analyse de panne demande ensuite un relevé du tableau, des connexions et des charges, ainsi qu’un contrôle des éléments de terre et du conducteur de protection PE.
Autrement dit, on peut suspecter un déséquilibre, mais on ne conclut pas à partir du seul bouton test ni d’un remplacement à l’identique. Avant toute décision, il faut relire le schéma, la prise de terre, la répartition des neutres et le guide choisir un différentiel.
À retenir
Un interrupteur différentiel détecte un déséquilibre de courant, mais il ne protège pas seul contre surcharge ou court-circuit. Pour le lire correctement, séparez IΔn, In, 2P ou 4P, type AC/A/F/B/S et association correcte du neutre. Les valeurs 30 mA, 300 mA et 500 mA restent des repères de pré-étude à vérifier avec le tableau, les charges et les notices. Cette page aide à nommer l’appareil; elle ne remplace pas l’analyse d’une installation réelle.