Choisir un parafoudre de tableau électrique ne commence pas par une référence produit. La bonne démarche consiste à décrire l’exposition du bâtiment, les chemins possibles d’entrée des surtensions, la présence éventuelle d’un paratonnerre, la distance vers les équipements sensibles et la façon dont le parafoudre sera raccordé à l’équipotentialité. Ce guide donne une méthode de préparation pour une installation basse tension en France, typiquement 230/400 V 50 Hz. Il ne délivre pas une conformité et ne remplace pas la notice fabricant ni l’étude d’une personne qualifiée.
1. Identifier l’exposition
Commencez par noter ce que vous savez réellement du site: zone d’exposition, historique d’orages, environnement ouvert ou urbain dense, longueur des lignes extérieures, dépendances, portail, pompe, alarme, photovoltaïque ou équipements électroniques coûteux. Le niveau AQ, lorsqu’il est utilisé dans le dossier, doit venir d’une donnée vérifiée. Le site ne fournit pas de carte officielle intégrée: si le niveau est inconnu, il faut le garder comme inconnu et décider avec prudence.
L’exposition ne se résume pas au département. Une maison isolée avec arrivée aérienne, une dépendance longue, un portail automatisé ou une ligne cuivre extérieure peuvent présenter un risque différent d’un appartement alimenté par une colonne intérieure. L’objectif est de repérer les chemins par lesquels une surtension peut arriver jusqu’aux appareils.
2. Regarder l’arrivée d’alimentation
L’arrivée électrique est un indice important. Une alimentation aérienne ou mixte expose davantage les conducteurs à des surtensions induites ou conduites qu’une alimentation entièrement souterraine, même si le risque nul n’existe pas. Notez aussi où se trouve le tableau principal, comment arrive le conducteur de protection, où est la barrette de terre et si des tableaux divisionnaires alimentent des zones éloignées.
Dans un tableau principal, le parafoudre se place généralement au plus près de l’arrivée et de la liaison de terre, avec des connexions courtes et directes. Plus les conducteurs entre phase, neutre, parafoudre et PE sont longs, plus la tension résiduelle vue par les équipements peut augmenter. Une pose propre compte autant que le choix du type.
3. Vérifier la présence d’un paratonnerre
Un paratonnerre ne remplace pas un parafoudre. Il capte et écoule une partie du courant de foudre par une installation extérieure, tandis que le parafoudre limite des surtensions sur les réseaux électriques ou de communication. Quand un bâtiment possède un système externe de protection contre la foudre, le choix du parafoudre d’origine, souvent de type adapté au courant partiel de foudre, doit être coordonné avec l’étude foudre, les descentes, la prise de terre et les liaisons équipotentielles.
Sans paratonnerre, un parafoudre de type 2 est souvent le repère de départ pour l’origine d’installation exposée, mais cette phrase ne suffit jamais à choisir un modèle. Il faut lire Uc, Up, In, déconnecteur, nombre de pôles, régime de neutre, tenue au court-circuit et conditions fabricant.
4. Choisir l’origine de protection
Le premier niveau de protection se traite au tableau principal ou au point d’entrée approprié. Utilisez le calculateur de besoin de parafoudre pour structurer les questions: niveau AQ connu ou inconnu, arrivée aérienne ou souterraine, paratonnerre, équipements sensibles, ligne cuivre et périmètre du bâtiment. Le résultat doit être lu comme une orientation d’étude, pas comme un choix définitif.
La table des types de parafoudres aide ensuite à distinguer Type 1, Type 2, Type 3, combinés et protections télécom. Les repères publics comme Type 2 In au moins 5 kA, Type 1 Iimp au moins 12,5 kA ou Up inférieur ou égal à 2,5 kV doivent être recoupés avec le contexte et la fiche produit. Le déconnecteur associé est aussi une décision à part entière.
5. Ajouter une protection complémentaire au-delà de 10 m
Si un équipement sensible se trouve loin du parafoudre d’origine, en pratique autour de plus de 10 m de liaison, il peut être pertinent d’étudier un parafoudre complémentaire proche de cet équipement ou du tableau qui l’alimente. Cela concerne par exemple informatique, domotique, alarme, chaudière électronique, congélateur critique, portail, pompe, IRVE, onduleur ou commande de production.
Ce complément ne s’improvise pas. Un Type 3 ou un combiné Type 2+3 doit être coordonné avec le parafoudre amont. Installé seul au bout d’une ligne exposée, il peut donner une impression de protection sans traiter correctement l’énergie à écouler. La coordination fabricant, la distance entre appareils et le niveau de protection recherché doivent être cohérents.
6. Traiter les lignes cuivre
Une surtension peut entrer par une ligne téléphonique cuivre, une liaison xDSL, une alarme, un portail, une sonde extérieure ou un câble de commande. Protéger seulement le 230/400 V laisse alors un autre chemin possible vers les équipements. Les protections télécom ou de signal doivent être choisies pour la tension, la bande passante, la connectique et le type de ligne. Elles doivent être raccordées à l’équipotentialité avec le même soin que le parafoudre puissance.
Ne mettez pas un parafoudre de puissance sur une ligne de communication. Ne supposez pas non plus qu’une multiprise dite parafoudre règle le problème d’entrée de bâtiment: elle peut compléter une protection coordonnée, mais elle ne remplace pas un parafoudre au tableau ni une protection de ligne cuivre.
7. Soigner les connexions courtes
Le raccordement est un point critique. Cherchez un trajet court entre conducteurs actifs, parafoudre et PE. Evitez les boucles, les détours et les conducteurs qui traversent inutilement le tableau. Les repères publics de section, par exemple 6 mm² Cu pour un Type 2 ou 16 mm² Cu pour un Type 1, doivent être vérifiés avec la notice, le schéma de terre, l’Icc disponible et les bornes du matériel.
La tension Up marquée sur le produit n’est pas toute la tension vue par l’équipement si les conducteurs de raccordement ajoutent une chute inductive importante. Dans un petit tableau résidentiel, gagner quelques dizaines de centimètres de câblage peut être plus utile que choisir une référence plus ambitieuse mais mal posée.
8. Coordonner et maintenir
Un parafoudre se coordonne avec son déconnecteur, les protections amont, les parafoudres aval éventuels, le régime de neutre, l’Icc et la terre. Vérifiez le voyant de fin de vie ou le contact de report si la continuité de service est importante. Après un événement orageux notable, un voyant rouge ou un module hors service doit conduire à un remplacement selon la gamme installée.
Les limites doivent rester claires: un parafoudre ne supprime pas tout risque, ne protège pas contre n’importe quel impact direct, ne remplace pas un paratonnerre et ne prouve pas que le tableau est conforme. Il réduit un risque défini dans un ensemble de choix cohérents. Pour un site avec paratonnerre, dépendances longues, activité professionnelle, matériel critique ou historique de dommages, faites établir une analyse dédiée.